Cap Nord - 4->7/2010
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Etape 48 : Mardi 25 mai
Utanede (S) - Näsåker (S)
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Quand je me réveille, j'ai 4,5°C dans la tente. Il n'y a pas plus de 2°C dehors. Je ne sens pas le vent car je suis à l'abri, mais il n'a pas faibli depuis hier. Le soleil fait une apparition, puis il se cache définitivement derrière les nuages. Avant de partir, je démonte le câble de dérailleur, je nettoie toutes les gaines - il en sort un jus noir ! - et j'arrive à remonter le câble sans avoir à le changer. Cela va beaucoup mieux après cette opération.
Je reprends la route 86 et juste avant Bispgarden, je bifurque sur la route 87 qui file vers le Nord. Il y a encore moins de monde, mais, comme je quitte la vallée, ça monte. Il fait très froid et très gris. Vers midi, j'arrive à Langsele. Je vais faire mes courses au supermarché, puis je vais casser la croûte près de l'école, car la bibliothèque est à côté et j'espère y avoir accès à internet.
Quand je m'approche de la bibliothèque, un homme m'interpelle en Suédois. C'est le cuistot de l'école. On discute un moment, puis je lui dis que je cherche un accès à internet. Il va se renseigner pour savoir si c'est possible à la bibliothèque. Il revient en me disant que non mais que je peux utiliser son poste à côté de la cuisine. C'est très sympa de sa part. Je peux mettre le site à jour et répondre aux messages. Ensuite, il m'invite à prendre le thé avec son équipe. Ils vont bientôt fermer car le repas des élèves est terminé et la vaisselle est faite. Ils me laissent partir en me souhaitant bonne chance.
En quittant Langsele, je passe devant un pré où se trouvent deux chevaux. L'un d'eux prend peur à ma vue et saute par-dessus la clôture. Il fuit devant moi sur la route et j'ai du mal à m'en débarrasser. Finalement, je m'en sors en me mettant debout pour réussir à l'amadouer. Il passe dans un champ et je peux continuer ma route. Une voisine m'a vu et m'a fait signe qu'elle va téléphoner au propriétaire pour qu'il vienne rechercher l'animal.
A la sortie de Langsele, j'ai pris une petite route qui m'évite un détour par Solleftea, car j'ai prévu de suivre la route 90. Une route parallèle existe de l'autre côté de la rivière et je tente ma chance de ce côté là. Mon choix n'est pas judicieux, d'une part parce qu'il n'y a quasiment pas de circulation sur la route 90, mais en plus, la petite route monte et descend dans les collines et finit par ne plus avoir de revêtement bitumé. Voilà qui me rappelle les mauvais souvenirs des deux derniers jours. D'autant que le temps se dégrade et qu'il commence à pleuvoir. Après Forsmo, je m'abrite sous un arbre pour grignoter un peu, mais la pluie n'est pas très forte, heureusement. Quand je repars, il ne tombe quasiment plus rien.
Finalement, je retrouve le bitume à Resele et je passe le pont sur la rivière pour rejoindre la route 90. Cela commence par une montée impressionnante à près de 15%. Heureusement, elle n'est pas très longue et je rejoins la route 90. Il n'y a presque pas de circulation, une voiture de temps en temps et pas de camions. Avec toutes ces péripéties, il est assez tard et je réalise que je n'atteindrai pas Junsele ce soir où je savais trouver un camping.
Je m'apprêtais à chercher un emplacement de bivouac dans la forêt omniprésente quand, à 2 km avant Nasaker, je vois un camping. Il n'a pas l'air ouvert, mais il y a une lumière allumée à l'extérieur du restaurant. J'y vais à tout hasard. La patronne est là. Elle me dit que le camping est fermé. Je lui demande de l'eau et elle me remplit ma réserve. En me la rendant, elle se renseigne d'où je viens et je lui raconte mon histoire. Elle vient dehors voir mon véhicule et elle me dit que, si son mari est d'accord, elle va ouvrir le camping pour moi. Un coup de fil et l'affaire est réglée. Il n'y a pas encore d'eau chaude, tant pis pour la douche, mais je peux profiter des sanitaires et de la cuisine.
J'ai parcouru 79,1 km avec 778 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3739 km avec 21673 m de dénivelé depuis le départ.
Etape 49 : Mercredi 26 mai
Näsåker (S) - Åsele (S)
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Je me lève tôt ce matin. Le temps est toujours gris, mais il fait moins froid et le vent s'est calmé. Le temps que je range, il commence à tomber quelques gouttes quand je plie la tente. Le temps que je déjeune, ça s'est calmé. Au moment de partir, je m'aperçoit que la roue droite de la remorque est à plat. Je trouve l'épine coupable et je mets une rustine sur la chambre à air. J'en profite pour huiler les roulements des deux roues, ce que je n'avais pas fait depuis longtemps. Il y en avait besoin.
Je reprends ma route qui monte lentement mais sûrement. Il n'y a pratiquement pas de plat ni de descente, ça monte sans jamais s'arrêter. Je vais monter ainsi toute la journée. Il tombe quelques gouttes de temps en temps, mais ça n'est pas gênant pour rouler. Comme il n'y a pas de vent, il ne fait pas trop froid, mais il faut rester couvert.
J'arrive à Junsele vers 11 h. Je vais au bureau du tourisme où je suis très bien accueilli. Il y a un ordinateur à disposition et je peux mettre à jour le site et répondre aux messages. Je quitte cette petite ville sous la pluie et je continue ma route. Un peu plus loin, je trouve une aire de repos avec un abri et du bois coupé pour faire du feu. L'endroit idéal pour déjeuner. Il ne faut cependant pas traîner pour ne pas se refroidir.
La route continue à monter. Le Suédois que j'avais rencontré à Kungsgården m'avait prévenu. Elle monte lentement mais très longtemps et ce n'est pas plus difficile que les autres routes, voir moins car on ne redescend pas.
À Lillsele, il y a des lacs partout. C'est vraiment très beau. En plus, le soleil fait quelques apparitions. À Hälby, il y a un lac énorme que la route traverse. On a l'impression d'être sur une digue entourée d'eau pendant plus d'1 km. Le paysage est vraiment très beau avec les montagnes au fond. Lorsque j'arrive à Hälla, un gros nuage noir menace. Le vent s'est levé et, bien sûr, je l'ai en face. J'arrive à passer entre les gouttes.
Finalement, j'arrive à Asele. J'ai monté toute la journée, sans pratiquement jamais descendre. Je vais au camping où je suis très bien accueilli. Le propriétaire est Hollandais et la cuisinière est Suédoise. Il est venu là surtout pour les hivers. Il organise des balades en traîneaux à chiens et il fait des compétitions. Il a fait second aux championnats du monde, il y a une dizaine d'années. Il me propose d'utiliser une cabane inoccupée plutôt que de monter la tente. La cabane n'est pas chauffée, mais il y a une cheminée et du bois pour faire du feu. Je peux utiliser les matelas des fauteuils pour dormir sur le sol. C'est le grand luxe. Ce soir, je mange avec eux un repas typiquement suédois à base de pommes de terre et il m'offre la bière et le thé. Le camping est international. Peu après mon arrivée, un couple d'Allemands arrive et un peu plus tard, c'est un couple Russe. La fille est très belle et ne déparerait pas au milieu des top-models. Nous passons la soirée à discuter et on termine sur un air de ukulele.
J'ai parcouru 101,4 km avec 737 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3840 km avec 22410 m de dénivelé depuis le départ.
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