Cap Nord - 4->7/2010
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Etape 50 : Jeudi 27 mai
Åsele (S) - Lycksele (S)
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Ce matin, le ciel est clair. Il y a des nuages, mais le soleil est présent. Le vent aussi, qui n'a pas faibli depuis hier. Toujours du nord et toujours bien froid. Comme je n'ai pas la tente à démonter, je suis vite prêt et je reprends ma route de bonne heure. Le ton est donné dès le départ : ça monte. Et plus qu'hier. Quand on regarde la carte, ma route coupe de nombreuses rivières qui vont toutes vers l'est, vers la mer Baltique. Chaque rivière est un point plus ou moins bas, ce qui veut dire qu'avant ça descend et qu'après ça monte. Et ça va durer comme ça toute la journée avec une tendance globale à monter le matin et à descendre l'après-midi.
Juste à la sortie de Siksjö, un tout petit village, un groupe d'une quinzaine de rennes traverse la route devant moi. Ils m'aperçoivent mais ne me sentent pas car je suis sous le vent. J'ai juste le temps d'ôter les gants et d’attraper l'appareil photo pour prendre les trois derniers. Je n'ai pas eu le temps d'actionner le zoom. Les Allemands d'hier soir discutaient avec le patron du camping pour tenter d'en prendre en photo. Ils auraient du venir avec moi.
Juste avant Lillögda, je traverse la rivière Lögde. Il y a un bon débit. Une aire de repos a été aménagée juste au bord. C'est l'occasion pour moi de faire la pause méridienne. L'aire est très bien aménagée. Il y a une table et des bancs, deux barbecues avec du bois coupé et les grilles pour cuisiner et, un peu plus loin, en suivant un sentier dans la forêt, on trouve des toilettes aménagées d'une manière exceptionnelle. Il y a un tapis pour les pieds, plusieurs rouleaux de papier toilette, un poème illustré affiché sur le mur, un stylo et des bloc-notes suspendus par une ficelle, dont un où il y a déjà des commentaires d'utilisateurs, un livre, en suédois bien sûr, pendu lui aussi par une ficelle, tout un tas de dessins très jolis affichés sur les murs et, bien entendu, les éternels graffitis que l'on trouve partout en pareil lieu.
Après Lillögda, il y a une grande côte, puis la tendance générale s'inverse. Les pentes sont plus faibles, à part à quelques endroits où les montées sont bien prononcées, et surtout il y a quelques bonnes descentes où le vent du nord est plus fort que moi et me freine lamentablement. Dans l'après-midi, le ciel, qui s'était largement couvert en début de matinée, s'éclaircit de plus en plus. On a même l'impression que plus au nord il n'y a aucun nuage. C'est probablement le retour au beau temps annoncé par la météo pour le week-end à venir.
Finalement, j'arrive à Lycksele juste après 16 h. Je me rends au bureau du tourisme où on m'aiguille sur la bibliothèque pour l'accès à internet. Les ports USB des micros sont verrouillés et je ne peux pas mettre le site à jour. Par contre, je peux répondre aux messages. La mise à jour attendra. En quittant la bibliothèque, je vais faire des courses au supermarché que j'avais repéré en passant, puis je me rends au camping, à la sortie de la ville dans la direction que je dois prendre demain. Comme tous les campings scandinaves, il est très bien équipé avec cuisine, laverie et le nécessaire habituel. La douche est la bienvenue.
J'ai parcouru 89,3 km avec 871 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 3929 km avec 23281 m de dénivelé depuis le départ.
Etape 51 : Vendredi 28 mai
Lycksele (S) - Glommersträsk (S)
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Ce matin, il fait tout gris. La tente est bien sèche. Le vent s'est calmé un peu et il fait bien moins froid qu'hier. Avant de partir, je passe de l'huile sur la transmission du tricycle. Quand je pars, je sens quelques gouttes, mais comme il fait bon, je ne mets pas l'anorak. Au bout de 10 km, un nuage noir commence à lâcher son contenu. Je m'habille pour la pluie. Elle ne tombe pas très fort, mais la route est très vite mouillée. Il va pleuvoir ainsi par intermittence une bonne partie de la matinée. Ensuite, le ciel s'éclaircit un peu et vers midi, le vent se lève aussi fort et aussi froid qu'hier, et bien sûr, de face.
Je passe plusieurs petits villages avec des lacs ou des torrents qui dévalent vers la mer. Comme hier, je vois un groupe de rennes traverser la route devant moi. Ceux-ci sont moins farouches. Ils sont marqués et doivent être en semi liberté. Ils n'ont pas peur de moi et c'est à peine s'ils bougent lorsqu'une voiture arrivant en face passe à côté d'eux.
Juste avant le carrefour de la route qui mène à Rusksele, il y a une grande aire de repos dont une partie est noyée par les eaux du fleuve voisin qui a débordé. Je m'y arrête le temps d'une pause. Un homme qui descend de voiture m'interroge sur mon vélo. Il me demande si j'ai vu beaucoup d'animaux. Je lui réponds que je n'ai pas vu d'ours. Il me dit qu'il en a vu 7 seulement alors qu'il a toujours vécu dans la région. Au camping d'Asele, il y a un poster affiché au mur tiré d'une photo prise par un habitué du camping. On y voit une ourse qui traverse la route, suivie de ses trois oursons. C'est une image exceptionnelle car il est rare qu'ils aient plus de deux oursons et ils ne sont pas nombreux dans la région. En tout cas, je n'en ai pas vu.
Toute l'après-midi, je lutte contre le vent de face qui forcit dès que j'atteins le haut d'une montée. La couche nuageuse se désagrège peu à peu, mais le vent ne faiblit pas. La fin d'après-midi sera malgré tout bien ensoleillée, ce qui réchauffe un peu l'atmosphère. J'étais prêt à aller jusqu'à la ville de Glommerstrask, ce qui aurait fait une étape de près de 120 km, si j'étais certain d'y trouver un camping, mais un plan de la région affiché sur une aire de repos m'en dissuade. Il n'y a pas de camping avant Arvidsjaur. Finalement, je plante la tente dans la forêt à quelques kilomètres avant Glommersträsk.
J'ai parcouru 107,1 km avec 1075 m de dénivelé aujourd'hui, ce qui fait 4036 km avec 24356 m de dénivelé depuis le départ.
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